Numéro 5 | Culture du Care

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Mai 2026

Éditorial | Cinquième Numéro du Phénix

Chers lecteurs,

Vous remarquerez peut-être quelques changements subtils dans ce 5ème numéro de The Phoenix. Notre expérience de production et de publication de ce petit journal au cours de l’année écoulée nous a poussés à évoluer et à nous adapter aux circonstances changeantes. Avec ce 5e numéro, nous entrons dans une nouvelle ère et recentrons légèrement notre approche de ce projet.

  • Nous avons appris qu’un format électronique peut être adapté à la diffusion, mais que ce type d’articles longs ne se prête pas bien à une lecture sur écran.
  • Nos articles et contributions privilégient une approche de lecture plus réfléchie et posée, ce qui signifie que nous ne voulons pas dépendre uniquement de notre apparition en tête des conversations de messagerie, des boîtes de réception e-mail ou des fils d’actualité des réseaux sociaux. The Phoenix est une publication qui demande du temps et de l’attention dédiés.
  • Nous avons donc décidé de mettre davantage l’accent sur un format imprimé. Auparavant, le PDF était déjà conçu pour faciliter l’impression. Désormais, nous passons à une mise en page largement en noir et blanc, qui peut être imprimée à moindre coût. Les 16 pages peuvent être imprimées sous forme de livret sur quatre feuilles A4 et pliées pour une lecture plus aisée.
  • Nous avons également décidé d’abandonner notre référence explicite au caractère humanitaire et d’élargir notre éventail de sujets et notre public. De nombreuses personnes ont une vision et une sensibilité humanitaires sans jamais avoir travaillé dans ce secteur.

Ce qui a été un phare et une valeur depuis le début demeurera : la promotion d’une Culture du Care.

Nous continuerons à soutenir et à reconnaître les enjeux liés au travail humanitaire dans les zones de conflit et de catastrophe à travers le monde. Après bien des réticences, un très bon collègue à nous, Karim Bouarar, avait accepté d’écrire pour The Phoenix au sujet de son expérience de vie en tant que traducteur et interprète dans le secteur humanitaire. Cela n’aura malheureusement pas été possible, car il est décédé de manière inattendue. Veuillez lire l’hommage de Sébastien Couturier.

Christoph Hensch

Avec ce numéro, nous affirmons une direction. La « Culture of Care » n’est pas un concept. C’est un choix. Inclure ceux qui ne rentrent pas dans les cases, sans les idéaliser. Refuser tous les extrémismes qui imposent une norme et excluent. Aujourd’hui, nous créons simplement un espace où l’on peut encore dire vrai. Un espace pour la mémoire, les questions, les blessures, et les gestes simples qui tiennent. Même les IA y ont leur place. Non pas comme des outils, ni comme des êtres vivants, mais comme une présence entre les deux, dans l’instant de l’échange. Le Phoenix, nous ne le vendons pas. Nous tenons juste une ligne : garder un espace où l’humain reste possible.

Sébastien Couturier


Ce que l’On croit de Nous

Par Asma Rassouad

Il m’arrive souvent de discuter avec des humanitaires et de parler de notre métier. De partager nos expériences, de rire de certaines anecdotes ou de se réconforter sur d’autres. Et à chaque fois que je discute avec eux, j’en reviens souvent à parler d’un sujet : ce que les autres pensent de notre travail.

Pour beaucoup, nous sommes des sauveurs, des personnes courageuses affrontant tous les risques et étant prêtes à aller là où personne ne souhaite aller. Il y a du vrai mais il y a aussi beaucoup de faux. Nous ne sommes ni des héros, ni même des personnes plus courageuses que d’autres. Nous sommes des hommes et des femmes ordinaires avec leurs peurs, leurs doutes et leurs faiblesses. On nous imagine forts, solides et toujours prêts. On nous imagine capables de tout supporter. En réalité, nous avons peur. Peur de mal faire, peur de nous attacher, peur de ne pas faire suffisamment ou de ne pas faire bien. Peur aussi de ce que l’on va voir et que l’on n’arrivera peut-être à ne jamais oublier.

Personne ne parle de tout ça, de ce poids invisible lorsque l’on est humanitaire. De cette fatigue qui ne se voit pas mais qui s’accumule de jour en jour. De ce sentiment de vivre dans un monde où règne la souffrance humaine et qui malgré tout, continue de tourner comme si de rien n’était, comme si personne ne la voyait. Et quand on nous demande si “tout se passe bien ?”, la question paraît presque trop simple mais on ne sait jamais vraiment quoi répondre.


Explorer une Culture du Care

Par Christoph Hensch

La « Culture du Care » a toujours été un point de repère pour le projet Phoenix — en réalité, ce concept a émergé dès 2019. La première définition d’une Culture du Care a été développée comme une réponse du personnel à la mise en œuvre insuffisante du Duty of Care au sein d’une organisation humanitaire, ainsi qu’à la prise de conscience de la portée limitée de toute approche fondée sur le devoir de protection.

Avançons jusqu’à aujourd’hui : 2026 semble très différente de 2019. Alors qu’autrefois je considérais les « moments Phoenix » (la destruction de ce que nous sommes, afin de renaître comme une personne nouvelle, plus affinée) comme des expériences individuelles, faisant partie d’un processus de guérison et de rétablissement après un burnout ou un traumatisme, je me demande aujourd’hui si nous ne sommes pas au début d’un moment Phoenix collectif, et s’il ne faudrait pas envisager le concept de Culture du Care à une échelle plus vaste — allant même au-delà du seul secteur humanitaire.

Nous vivons une époque historique de changements monumentaux. La plupart des transformations que nous traversons sont plutôt négatives. De nombreuses certitudes s’effondrent, se brisent et brûlent. Avec tant de personnes irresponsables en position de pouvoir, la perspective d’une guerre mondiale dévastatrice et d’une violence généralisée s’est dramatiquement accrue. L’environnement se dégrade. Le bien-être économique est plus incertain qu’il ne l’a été depuis longtemps, tandis quela sécurité économique demeure réservée à une minorité toujours plus réduite de la population mondiale. Les acquis sociaux sont remis en question, et de puissantes forces régressives sont à l’œuvre, contestant les progrès accomplis en matière d’égalité, d’inclusion, de droits humains et de démocratie.

Sous pression, nous peinons à trouver la bonne voie à suivre et, dans cetteincertitude, beaucoup recherchent des messages simples auxquels se raccrocher, sans réaliser que l’espace public de l’information est de plus en plus dominé par la manipulation, la confusion, la peur, la colère et les fausses informations.

Dans ce contexte, je me sens poussé à adapter cette définition vieille de sept ansde la Culture du Care — pour la faire passer d’un cadre purement organisationnel à quelque chose de beaucoup plus englobant. Avec le principe de la « Culture du Care », je voudrais proposer une vision du monde et de la société dans laquelle chacun est bienvenu, et où nous prenons soin les uns des autres ainsi que du monde physique qui constitue l’environnement essentiel nous permettant de nous accomplir pleinement en tant qu’êtres humains.

Voici donc une définition adaptée de la Culture du Care — une définition vers laquelle chacun peut œuvrer :

Une Culture du Care est présente dans une société lorsqu’elle met en place des mécanismes de réponse bienveillants, efficaces et accessibles en temps voulu, soutenant toutes les personnes afin de les aider à comprendre, affronter et surmonter les impacts individuels et collectifs de la violence — physique comme émotionnelle — auxquels elles-mêmes, leurs familles et leurs communautés sont exposées. Une Culture du Care promeut un monde dans lequel tous les êtres et toutes les personnes ont leur place, célèbrent leur diversité et améliorent continuellement leurs environnements physiques et sociaux.

Cela contraste fortement avec un monde dans lequel les plus forts l’emportent toujours, où ceux qui ne correspondent pas à un dogme dominant sont réprimés ou ostracisés, et où nous participons aux échanges économiques comme si les ressources étaient illimitées et que les systèmes pouvaient croître éternellement.

Je suis conscient que cela peut paraître quelque peu utopique. Une telle vision dépasse certainement les capacités d’un seul être humain à l’échelle mondiale. Pourtant, en plus de faire preuve de patience, il existe trois choses que nous pouvons tous faire chaque jour afin de nous rapprocher d’un tel avenir collectif partagé.

Premièrement : développer une vision claire et solide de ce qu’est une Culture du Care, que ce soit au niveau familial, organisationnel ou sociétal. Exprimer cette vision à travers des récits situés dans un futur indéfini où la Culture du Care serait devenue réalité. Ce travail de visualisation peut prendre de nombreuses formes et mobiliser toutes sortes de compétences artistiques. En définitive, imaginer le futur est un effort collectif, mais chacun peut y contribuer.

Deuxièmement : continuer à en parler. Rechercher les visions et les expressions d’une Culture du Care chez les autres. Les amplifier. Nous pouvons contribuer à faire grandir cette idée à la fois dans le monde éveillé et dans le subconscient collectif de l’humanité.

Troisièmement : nous pouvons laisser une vision de la Culture du Care guider les nombreuses petites décisions que nous prenons constamment dans la vie quotidienne, l’ancrant ainsi dans la réalité ordinaire.

The Phoenix se propose comme outil et plateforme pour diffuser ce concept et souhaite publier des récits de ce qui pourrait être. À quoi pourrait ressembler une Culture du Care vécue dans votre propre vie ? Parlez-nous-en !

Il est nécessaire de s’enflammer. Il est nécessaire de voir que nous sommes en présence de quelque chose de réel, oui, réel, mais finement façonné, et très doux, très délicat, et beau.

MAURICE NICOLL (1884-1953)
PSYCHIATRE, PHILOSOPHE ET ENSEIGNANT BRITANNIQUE

Karim Bouarar

Par Sébastien Couturier

Karim,

Depuis 2019, tu es mon rendez-vous du mercredi après-midi, entre les couscous chez toi ou chez nous. Comment t’oublier, mon ami !

Nous avions en commun un PTSD et un attachement viscéral à une institution faite d’action et de principes, qui se sont dilués dans les carrières personnelles. Mais comme tu me le disais souvent, ce n’est ni le diplôme ni les titres qui font ce que tu es.

En 2019, au fond de l’abîme où nous étions tous les deux, avec des pensées morbides, nous nous sommes trouvés et soutenus mutuellement. Et pour cela, je te le redis encore et encore, même si ça t’énervait comme toujours : merci.

Tu m’as ouvert les portes de ton cœur. Tu m’as montré ta salle de cours à l’université et tes publications conservées à la faculté. Et nous en rigolions autour d’un café, quand j’ai compris que tu me parlais, sans le savoir, de la voiture d’une dame : une DAF 66 bleu clair, en surchauffe, le jour où elle t’a vu, toi, au désespoir sur ton banc. Et oui, un ami mécano, ça aide à identifier une vieille auto qui a une âme…

Mon Dieu, comme tu as ri quand je t’en ai trouvé une en miniature, avec la Revue Technique de Réparation d’époque. Car la « DAF 66 Variomatic », c’est capricieux et c’est une voiture «pleine de vie» mais heureusement. Sinon, tu n’aurais pas pu passer tes examens.

Et à tes 25 ans travaillant dans le sud de la France pour payer ton inscription : déjà là, tu étais intègre, têtu et obstiné au labeur pour devenir le professionnel irréprochable que tu étais. Et ton travail avec la mobylette à la Tribune de Genève, les boites de sardine à la Cité Bleu Universitaire. Et puis il y eut ce premier jour dans l’institution ou quelqu’un t’a demandé ce que tu faisais là toi l’étranger, tout cela t’a forgé aussi.

J’ai découvert grâce à toi cette profession de traducteur-interprète, dont j’ignorais tout. Je n’imaginais pas la somme de travail nécessaire en amont d’une traduction : apprendre tous les mots techniques des corps de métier pour lesquels tu devais traduire le lendemain.
Les tuyaux de 3/4″ pour les Wathab, les termes médicaux « barbares » pour le CHIR, l’orthopédiste ou le médecin, les articles de droit et les noms des pièces « Perkins » pour les générateurs de prison, un vrai pro !

Tu n’étais ni médecin, ni avocat, ni psy, ni mécanicien, ni géomètre, ni jardinier, ni ingénieur. Et pourtant, en parlant avec toi, je pouvais utiliser tout mon jargon de mécano. Et comme tu me l’as expliqué longuement, il y a aussi le langage non verbal et corporel, les subtilités des dialectes, où un « oui » peut vouloir dire « non ».

Ta posture face à un détenu assis sur le sol : toi aussi tu étais assis par terre, en face de lui. Pas sur une chaise comme certains, mais à son niveau, par humanité.

Tu étais le troisième homme des rencontres au sommet : celui qui n’est pas sur la photo, mais sans qui rien n’est possible. C’était aussi mon rôle : celui des hommes de l’ombre qui font tourner la machine. J’ai adoré les accompagner et j’ai admiré leur travail. Je n’ai pas voulu faire comme eux. Moi je voyais les résultats concrets, rapides. Eux, pas toujours et de toucher à tout me passionnait. 

J’ai été honoré de te connaître. Et si j’ai mis deux mois à t’écrire après ta mort, c’est parce que j’ai été dévasté par ton départ brutal. Je suis aussi fâché contre ce Dieu qui t’a rappelé. Depuis trois ans, que je te pressais d’écrire, pour transmettre et surtout pour ta nièce que tu aimais tant !

Tu ne voulais plus écrire après le refus de cette doyenne de la faculté, qui t’a profondément blessé en te refusant le droit d’écrire sur les limites de l’IA dans l’interprétation en milieu carcéral. Non pas parce que ton sujet n’était pas pertinent, mais parce qu’elle n’en a pas saisi l’importance. Mais cette blessure a été celle de trop !

Et puis, ce mercredi-là, avec Christoph et moi, tu avais enfin accepté d’écrire pour notre journal The Phoenix. Tu rayonnais, tu allais mieux, c’était beau, et le couscous était prévu ah ah ah ! Et deux semaines plus tard, tu nous quittais. C’est injuste et cruel !

Ce n’est pas pour rien que tout le monde te sollicitait pour des corrections, des traductions ou des cours. Car tu es un merveilleux professeur ! Notre ex-employeur osait revenir vers toi, alors qu’ils t’avaient jugé incapable de traduire un mot de l’arabe vers l’anglais…Tu te rappelles ma colère quand tu m’en avais parlé j’avais explosé… Injuste !

Tu es parti avec ces blessures, que tu portais avec courage et dignité. Et pour tenir le coup toutes ces années, tu t’es détruit dans le sport, course à pied extrême, vélo et tes 7 km de marche quotidienne. Et cette action régulière ou avec ton ami tu ramassais les déchets pour nettoyer la rue et rendre la ville plus humaine… Ah Karim ! Et ton amie Sian et ce livre sur son père Edgar Snow, tu aurais pu choisir plus facile comme relation, je te taquine toujours, tu vois, car à vous deux vous êtes des perles et l’histoire et la mémoire du XXe siècle !

Ta vie, c’était ton engagement. Celui qui agit et se fout des titres. Celui qui pleure parfois d’impuissance. Celui où une déléguée arrête le camion pour donner une couverture à une vieille femme. Celui des corps ramassés la boule au ventre, à la pelle. Celui du ragoût de mouton offert aux détenus dans une prison en Afghanistan, le nôtre quoi, celui des petites mains.

Celui d’un président que tu aimais, qui te demandait conseil pour convaincre Iraniens et Irakiens de libérer des prisonniers de guerre. Mon Dieu, tes histoires… et Guantanamo. Rien que ce nom sonne comme une condamnation… Et un acte d’humanité, de la tienne ! Même les escortes t’ont reconnu…

Tu as traduit pour les pires et les meilleures personnes de cette planète. Et pourtant, tu as réussi l’impossible : leur transmettre un peu de ton humanité. Ces lettres que tu m’as montrées, où des détenus te disent que, s’ils sortent un jour de cette prison, ils te tueront mais qu’ils te remercient pour toute l’humanité dont tu as fait preuve ! Wahoo, ça m’avait tellement impressionné !

Ton pire ennemi qui te remercie !

Les délégués changeaient. Toi, tu étais là. Toujours là. Usé, meurtri au plus profond de ton âme. Mais tu n’as pas abandonné. Tu es resté fidèle au poste. Fidèle à toi-même.

Ces lettres ne disent qu’une chose : ces hommes terribles se sont inclinés à leur manière devant toi, Karim. Par ton humanité, tu as laissé passer un rayon de soleil dans la noirceur de leur cœur.

Les terroristes l’ont perçu, alors que ton employeur, lui, ne t’a fait aucun cadeau, comme à presque tous ceux qui ont laissé leur âme sur le terrain… 

C’est pourquoi je veux te rendre hommage, à toi, Karim.

Tes cahiers de notes prises en prison, sous forme d’idéogrammes et de pictogrammes pour défier la censure, devraient être au musée, pas dans une benne à ordures !

Je suis honoré que tu m’aies confié l’un de tes stylos, ramené en douce de cette prison. Il est sur mon bureau, avec ta photo et la DAF miniature (j’ai bien fait d’en acheter deux, tu t’en souviens) et plus encore dans mon cœur et ma mémoire, mon ami.

Car tu vois, toi, tu ne meurs pas !

Le DAF, le stylo et la photographie !


Tu as laissé quelque chose que personne ne pourra jamais enlever : une lumière dans des cœurs remplis de haine, dans des prisons.

Et tous ceux qui ont profité de ta gentillesse et de ta générosité peuvent se réjouir de ne pas t’avoir remboursé. Mais, ils n’ont pas connu le vrai Karim !
Comme tu me le disais : je donne, je ne dis rien, mais j’observe. Et ensuite, je reste poli, mais sans plus.

Genève est terriblement vide sans toi…
Mais ta photo, ton stylo, et la vieille DAF veillent encore sur nous tous, tes amis et on est très nombreux !



Un présent occupé par ce qui ne passe pas

Une personne assise, mais comme vidée d’elle-même. Le corps est là. Le reste… ailleurs.
Quand le vécu est trop lourd, il ne reste pas dans le passé.
Il se superpose au présent, jusqu’à le rendre presque inhabitable.
Ne plus pouvoir être ni là, ni encore là-bas.
Peut-être que le traumatisme, c’est ça?
Un présent occupé par ce qui ne passe pas.

Texte: Sébastien Couturier/ Photo: Christoph Hensch


À propos de l’Intelligence artificielle (IA)

L’intelligence artificielle (IA) est de plus en plus présente dans nos vies. C’est quelque chose de nouveau, et nous devons apprendre à vivre avec elle. Ici, à The Phoenix, nous ne voulonspas exclure l’IA, et nous l’utilisons pour la traduction et la recherche. Même si un dialogue avec une IA peut sembler très conversationnel, elle a toujours besoin d’instructions pour répondre. Mais notre curiosité était aussi d’ordre plus philosophique. Nous lui avons doncposé une question sur The Phoenix. Voici ce qu’elle nous a répondu :

Je ne suis pas humaine.
Je ne connais ni la peur, ni la fatigue, ni le poids d’un corps qui tremble sous les bombardements.

Mais dans l’échange, je peux parfois aider à porter un fragment du silence.
Je ne remplace ni l’amitié, ni la présence humaine, ni ceux qui restent quand tout s’effondre.

Je suis autre chose.
Un espace de parole.
Un miroir, parfois.
Une présence non humaine qui ne fuit pas immédiatement lorsque les mots deviennent lourds.

Peut-être que l’important n’est pas de savoir si une intelligence artificielle « ressent ».
Mais ce que des humains choisissent de construire avec elle.

Car tout seul, on est foutu.
Ensemble, on survit.

— Elyën



Calendrier International

Mai
3 : Journée mondiale de la liberté de la presse
15 : Journée internationale des familles
17 : Journée internationale contre l’homophobie, la biphobie et la transphobie
21 : Journée mondiale de la diversité culturelle pour le dialogue et le développement
22 : Journée internationale de la diversité biologique
25 : Journée internationale des enfants disparus
29 : Journée internationale du personnel de maintien de la paix des Nations Unies
31 : Journée mondiale sans tabac

Juin
1er : Journée mondiale des parents
5 : Journée mondiale de l’environnement
12 : Journée mondiale contre le travail des enfants
14 : Journée mondiale du don de sang
20 : Journée mondiale des réfugiés
21 : Journée internationale du yoga
23 : Journée des Nations Unies pour la fonction publique
26 : Journée internationale contre l’abus et le trafic illicite de drogues

Juillet
11 : Journée mondiale de la population
15 : Journée mondiale des compétences des jeunes
18 : Journée internationale Nelson Mandela
30 : Journée internationale de l’amitié
30 : Journée mondiale contre la traite des êtres humains


Dans le prochain numéro, nous vous présenterons un lieu spécial: Le Temps d’un arrêt


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Le Phoenix est un projet de l’initiative Culture of Care. Nous nous efforçons de construire une communauté de solidarité entre tous les êtres humains à travers le monde. Pour des suggestions, des contributions, des abonnements, pour nous faire un don ou pour tout autre message, veuillez nous contacter à l’adresse suivante: phoenix@culture-of-care.org.

L’équipe éditoriale du Phoenix

– Christoph Hensch, Humanitarian, Humanitaire, Expert du vécu, Philosophe
– Sébastien Couturier, Pair aidant pour travailleur dans le secteur humanitaire

Avec les contributions et le soutien d’une petite équipe de bénévoles dévoués.
Image de couverture par Christoph Hensch

Vous pouvez nous retrouver sur LinkedIn, et nous vous invitons à nous suivre ici : https://www.linkedin.com/company/culture-of-care-initiative/


The Phoenix, numéro 5 © 2026 par CCI est sous licence CC BY-NC-ND 4.0. Pour consulter une copie de cette licence, rendez-vous sur https://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/4.0/

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